Shopping : tout va changer en 2016 dans le Var

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Auchan La Seyne, 17 000 m², agrandi en septembre 2014. Avenue 83 à La Valette, 51 000 m² va ouvrir en avril. Les Ateliers mécaniques à La Seyne, un projet de 20 000 m² pour fin 2018. Le Pôle de la Mode au Muy, un projet de 21 000 m² ou encore celui d’un nouvel ensemble à La Londe de 8500 m². Sans compter les grands centres déjà existants comme Grand Var à La Garde, Mayol à Toulon, Carrefour Ollioules ou encore l’Allée des Hirondelles à Fréjus pour ne citer qu’eux. Les « destinations shopping » ne manquent pas dans le Var et la source ne semble pas prête à se tarir. Il faut dire que les Français sont friands de ce genre de lieux. Selon une étude de Savills World Research, les Français ont dépensé « 439 milliards d’euros dans les commerces l’an dernier. 27 % de ces dépenses sont réalisées dans les centres commerciaux ». Ce chiffre place la France au 5e rang du classement européen, derrière la Norvège, la Belgique, la Suède et le Danemark. Toujours selon cette étude, il y aurait 746 centres commerciaux référencés en France, pour une surface globale de 15,8 millions de m². Il est également estimé que ces derniers reçoivent plus de trois millions de visiteurs par an. Les programmes se multiplient. Le parc français a augmenté de 15 % entre 2009 et 2014. Le Var ne fait pas exception à la règle. C’est d’autant plus vrai, selon Jean-Michel Silberstein, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC) que notre région voit sa démographie se développer. « Le développement des centres commerciaux est toujours lié à l’évolution démographique. Les deux courbes sont similaires ».

Mixer shopping et loisirs

Pour attirer le client, les nouveaux centres ne reculent devant rien. Ils se sont largement transformés dans ce but. Plus qu’une destination shopping, ce sont désormais des « lieux de vie ». Outre les traditionnels magasins, on y trouve des restaurants, des loisirs… Avenue 83 par exemple proposera un pôle restauration d’une vingtaine d’enseignes, il y aura également une salle de fitness, une aire de jeux pour les enfants… et surtout le cinéma Pathé. « Nous sommes convaincus que les visiteurs ne s’y rendront pas uniquement pour faire des courses mais pour passer un bon moment, pour se divertir », explique Gilles Boissonnet, président du directoire d’Altarea Cogedim qui porte le futur centre commercial. Même constat pour Jacques Leze d’Immochan à qui l’on doit la transformation d’Auchan à La Seyne : « Nous raisonnons de plus en plus en terme de ‘séjour client’. On essaye de multiplier les animations. Dans notre centre du Pontet par exemple, pendant la période des fêtes, on a eu une patinoire. Le ludique prend de plus en plus de place ». Ce changement de configuration des centres commerciaux, est aussi visible en termes de « locomotive », soit l’enseigne qui va attirer le consommateur. Si jusqu’à présent, il s’agissait de grandes surfaces alimentaires, aujourd’hui ce n’est plus le cas. On retrouve plutôt des marques « tendances » comme Primark à La Valette ou même des équipements de loisirs. Le service au client devient aussi primordial, que ce soit l’orientation intuitive, le service de voiturier, la garde d’enfants… L’idée est de répondre aux attentes de consommateurs qui recherchent à la fois l’efficacité et la simplicité. « Depuis une dizaine d’années, renchérit Jean-Michel Silberstein, l’offre s’est sophistiqué, moderniser. Les centres commerciaux proposent des expériences nouvelles ».

Secteur en crise ?

Malgré cette offre retravaillée, des études démontrent que depuis 2008, un phénomène de « désertion » des centres s’accentue. Le taux de vacance commerciale en est l’une des conséquences. Au niveau national, selon la fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé Procos, « ce taux est passé de 4,6 % en 2012 à 7,6 % en 2014″. Principale explication : « Le parc des surfaces commerciales a progressé de 3,5% par an entre 1992 et 2009 alors que simultanément, la consommation n’a progressé que de 2,1% par an. Le secteur serait-il en crise ? Loin s’en faut, selon Jean-Michel Silberstein du CNCC : « Le marché investit massivement dans les centres commerciaux. Certes, la crise économique est passée par là, mais on n’a franchement pas à se plaindre par rapport à d’autres secteurs. D’autant que les derniers chiffres de la consommation sont bons ». Jacques Leze en convient, « la crise de 2008 a resserré les boulons. Désormais, on aligne plus les mètres carrés. Le marché est mature, le maillage est déjà fait. Nous réfléchissons beaucoup, menons des études poussées… Du coup, nous n’avons pas de mauvaise surprise. Et dans nos centres du quart sud-est dont je m’occupe, il n’y a pas plus de 3 % de vacance, voire pas du tout ».

Une concurrence exacerbée

Les nouveaux centres commerciaux doivent également faire face à la concurrence. C’est le cas d’Avenue 83 qui se situera à quelques encablures de Grand Var. Mais Gilles Boissonnet, d’Altarea Cogedim, la balaie d’un revers de la main : « Nous apportons de la nouveauté via des nouvelles enseignes absentes de la région. Nous nous implantons sur l’une des plus puissantes zones commerciales de France. Nos forces vont s’additionner avec le centre commercial Grand Var. C’est l’attractivité de l’ensemble de la zone qui va être renforcée ». La concurrence est souvent beaucoup plus mal vécue de la part des commerces existants. Le collectif de défense des commerçants et des artisans de la région PACA s’est ainsi opposé au projet du Pôle de la Mode au Muy. L’association « En toute franchise » est à l’origine du recours formulé à l’encontre d’un futur centre commercial à La Londe. Elle mettait en avant « l’aggravation de la situation des petits commerçants du centre-ville » de La Londe, mais également de Hyères, Le Lavandou et Bormes, les communes voisines. « Alors qu’il y a de la place pour ces nouveaux centres commerciaux dans le Var, tempère Jean-Michel Silbertstein. D’autant que, celui qui va sortir grand gagnant de cette concurrence, c’est le consommateur. Il faut que le commerce s’adapte à ce qu’il recherche. C’est valable pour tous les secteurs de l’économie, l’obsolète est voué à disparaître. Le client sera seul juge ».
S’adapter ou mourir en quelque sorte…

Pour lire l’ensemble de ce dossier réalisé par Amandine Roussel et découvrir les projets en détail, rendez-vous chez votre marchand de journaux.

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