Comment le RCT veut devenir une marque mondiale

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Un nouveau logo décliné en plusieurs langues. Des joueurs en provenance des quatre coins du monde. Des volontés de matchs délocalisés en Asie ou aux Etats-Unis. En moins de dix ans, le RCT est passé des tréfonds de la Pro D2 aux sommets du rugby européen. Et aspire désormais à devenir une marque mondiale. Décryptage des ambitions d’un club qui ne se fixe aucune limite.

Ici, tout est différent. Here, everything is different. Aqui, todo es differente. Et on vous fait grâce des déclinaisons en chinois et en japonais. Le nouveau logo du Rugby Club Toulonnais, étrenné au début de la saison, joue la carte planétaire avec sa baseline (oui, on ne dit plus slogan, c’est dépassé) traduite en quatre langues différentes. Une internationalisation grand format qui traduit pleinement les nouvelles ambitions mondiales du club au brin de muguet.

Car le RCT semble désormais avoir fait le tour du vieux continent. Champion d’Europe à trois reprises, les Toulonnais semblent n’avoir plus rien à prouver sur les terrains anglais, gallois ou irlandais, et regardent désormais d’autres horizons. « Le modèle européen actuel est trop limité. Il faut penser monde, l’Europe est trop petite pour nous », affirmait le président Mourad Boudjellal en avril dernier, lors d’une longue interview au Figaro. Une interview accordée avant le troisième titre européen, ce dernier ne faisant évidemment que confirmer cette impression de satiété.

Un développement mondial rendu incontournable par une spirale exponentielle, copiant en cela les schémas que suivent les plus grands clubs de foot qui restent au sommet saison après saison. Avec les succès viennent les exigences de résultats, un exercice sans trophée étant vécu comme un échec. Et pour jouer la gagne sur plusieurs tableaux, il faut toujours plus de joueurs. Pour payer toujours plus de joueurs, il faut toujours plus de revenus. Pour engranger toujours plus de revenus, il faut toujours plus de diversification, toujours plus de produits dérivés, toujours plus d’événements. Et quand Toulon, le Var et la France ne suffisent plus, alors il faut aller chercher ces revenus ailleurs…

Un pied sur le marché asiatique

Il faut dire qu’avec sa nouvelle identité, le RCT ratisse large. Avec la langue espagnole, le marché visé est clairement l’Amérique du Sud – et plus particulièrement l’Argentine. Les Pumas ne sont plus une nation rugbystique en devenir, mais une équipe de premier ordre capable de ferrailler au plus haut niveau. Sous l’ère Boudjellal, Toulon a d’ailleurs enrôlé une belle brochette d’Argentins, de Gonzalo Quesada à Felipe Contepomi, jusqu’au troisième ligne Juan Martin Fernandez-Lobbe, qui a prolongé son bail dans le Var jusqu’en juin 2016 au moins. Et la filière est loin d’être tarie.

Du côté des langues asiatiques, la Chine ne compte certes pas encore parmi les nations majeures du rugby, ni même celles en développement. Mais rien ne dit que les Chinois ne finiront pas par s’intéresser au ballon ovale – à l’image de ce qu’ils ont pu faire pour le basket, en envoyant quelques joueurs s’aguerrir dans les meilleurs championnats de la planète – et en NBA en premier lieu. Par contre, un peu plus à l’Est, c’est le Japon qui pourrait s’avérer rapidement une cible beaucoup plus intéressante. Le Japon dont les rugbymen faisaient sourire le monde de l’Ovalie il y a une vingtaine d’années, encaissant une défaite faramineuse face aux All Blacks lors de la Coupe du Monde 1995 (145-17), emportés comme des brindilles face au déferlement de vitesse et de puissance des Néo-Zélandais. C’était alors le charme exotique de la Coupe du Monde… sauf que depuis les Japonais ont franchement progressé. Jusqu’à faire chuter l’Afrique du Sud il y a quelques semaines, étonnants de culot et d’abnégation. Et c’est justement le Japon qui accueillera la prochaine édition de la Coupe du Monde, à l’automne 2019, et quelques mois plus tard les Jeux Olympiques d’été en 2020 – avec parmi les épreuves le rugby à 7.

Certes, les Japonais devront encore patienter avant de jouer les premiers rôles sur la scène du rugby mondial. Mais leur championnat est déjà très bien structuré, attirant régulièrement des premiers couteaux désireux de se relancer et de capitaliser, joignant l’utile à l’agréable. Ainsi, après leur passage sur les bords de la rade, les expérimentés George Gregan ou George Smith étaient par exemple allés tenter l’aventure japonaise, dépaysante et surtout très lucrative – avec des salaires supérieurs de 30 à 40 % par rapport à ce qui se pratique dans le Top 14, les clubs étant comme des sortes de comités d’entreprise sous la coupe de conglomérats locaux comme Ricoh ou Yamaha. Et parmi d’autres anciens Toulonnais, on peut citer Tusi Pisi ou Sonny Bill Williams qui ont eux aussi connu les joies de l’Ovalie à la nippone. Autant de ponts jetés entre le pays du soleil levant et celui de la plus belle rade d’Europe, autant d’atouts pour un futur développement commercial de la marque RCT à l’occasion de la prochaine Coupe du Monde – et avant.

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(photo Panoramic)

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1 Comment on "Comment le RCT veut devenir une marque mondiale"

  1. Sujet intéressant, trop peu souvent abordé par l’angle retenu. Quelques erreurs factuelles/oublis – Fernandez Lobbe joue 3ème ligne, le RCT a déjà recruté un joueur japonais, pense à en faire signer d’autres – font que je m’arrêterai aux 23 pour cent gratuits.

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